Indemnités kilométriques 2026 : barèmes applicables, calcul et exemples concrets
Chaque année, des millions de salariés et de travailleurs indépendants utilisent leur véhicule personnel pour leurs déplacements professionnels. La question du remboursement de ces frais se pose alors inévitablement, que ce soit vis-à-vis de l’employeur ou de l’administration fiscale. En 2026, le barème kilométrique publié par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) constitue la référence incontournable pour évaluer ces dépenses de manière forfaitaire.
Faut-il opter pour les frais réels plutôt que la déduction forfaitaire de 10 % ? Comment appliquer correctement le barème selon la puissance fiscale de son véhicule ? Quels sont les montants en vigueur pour les voitures, les motos et les cyclomoteurs ? Ce guide complet répond à toutes ces questions.
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Vous apprendrez dans cet article :
- Les barèmes kilométriques 2026 applicables aux voitures, motos et cyclomoteurs
- La majoration de 20 % accordée aux véhicules 100 % électriques
- La méthode de calcul détaillée avec des exemples chiffrés
- Les conditions d’application et les justificatifs à conserver
- Les erreurs fréquentes à éviter lors de la déclaration fiscale ou du remboursement par l’employeur
Qu’est-ce que l’indemnité kilométrique et à quoi sert-elle ?
L’indemnité kilométrique (IK) est un dispositif forfaitaire qui permet d’évaluer les frais engagés par une personne utilisant son véhicule personnel dans le cadre de son activité professionnelle. Ce mécanisme, encadré par l’article 83 du Code général des impôts (CGI) et précisé par le Bulletin officiel des Finances publiques (BOFiP, BOI-BAREME-000001), évite d’avoir à justifier chaque dépense individuellement.
En pratique, le barème couvre plusieurs postes de dépenses liés à l’utilisation du véhicule : la dépréciation, l’entretien et les réparations, le carburant, les pneumatiques et l’assurance. En revanche, les frais de péage et de stationnement ne sont pas inclus et doivent être déclarés séparément, sur justificatifs.
Le barème kilométrique remplit deux fonctions distinctes. D’une part, il sert de base au remboursement des frais professionnels par l’employeur, dans le respect des plafonds d’exonération URSSAF. D’autre part, il permet aux salariés optant pour les frais réels de déduire ces montants de leur revenu imposable, en remplacement de la déduction forfaitaire de 10 %.
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Quel est le barème kilométrique 2026 pour les voitures ?
Le barème kilométrique 2026, applicable à la déclaration des revenus perçus en 2025, n’a pas été revalorisé par rapport à l’année précédente. Il reprend les valeurs fixées par l’arrêté du 27 mars 2023, publié au Journal officiel le 7 avril 2023. Cette reconduction s’explique notamment par le fléchissement des prix moyens des carburants constaté entre 2023 et 2025.
Le barème est structuré selon deux critères principaux : la puissance fiscale du véhicule (exprimée en chevaux fiscaux, ou CV, visible à la rubrique P.6 de la carte grise) et la distance annuelle parcourue à titre professionnel. Il se décompose en trois tranches kilométriques.
Barème kilométrique 2026 — Voitures thermiques
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d x 0,529 | (d x 0,316) + 1 065 | d x 0,370 |
| 4 CV | d x 0,606 | (d x 0,340) + 1 330 | d x 0,407 |
| 5 CV | d x 0,636 | (d x 0,357) + 1 395 | d x 0,427 |
| 6 CV | d x 0,665 | (d x 0,374) + 1 457 | d x 0,447 |
| 7 CV et plus | d x 0,697 | (d x 0,394) + 1 515 | d x 0,470 |
« d » représente la distance totale parcourue à titre professionnel sur l’année.
Point important : la puissance fiscale est plafonnée à 7 CV par la doctrine fiscale. Même si votre véhicule affiche 10 ou 12 CV sur la carte grise, vous devrez appliquer la ligne correspondant à 7 CV et plus.
Quelle majoration pour les véhicules électriques en 2026 ?
Les conducteurs de véhicules 100 % électriques bénéficient d’un avantage non négligeable : une majoration de 20 % est appliquée au montant obtenu par le barème standard. Cette mesure vise à encourager l’usage de motorisations plus propres dans le cadre professionnel.
Concrètement, il suffit de calculer l’indemnité avec le barème classique, puis de multiplier le résultat par 1,20. Certains tableaux intègrent directement cette majoration pour faciliter la lecture.
Barème kilométrique 2026 — Voitures électriques (majoration incluse)
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d x 0,635 | (d x 0,379) + 1 278 | d x 0,444 |
| 4 CV | d x 0,727 | (d x 0,408) + 1 596 | d x 0,488 |
| 5 CV | d x 0,763 | (d x 0,428) + 1 674 | d x 0,512 |
| 6 CV | d x 0,798 | (d x 0,449) + 1 748 | d x 0,536 |
| 7 CV et plus | d x 0,836 | (d x 0,473) + 1 818 | d x 0,564 |
Cette majoration concerne exclusivement les véhicules 100 % électriques. Les modèles hybrides ou hybrides rechargeables ne sont pas éligibles et doivent utiliser le barème standard.
Quel barème pour les motos et les cyclomoteurs en 2026 ?
Le barème kilométrique ne se limite pas aux voitures. Il existe des grilles spécifiques pour les motocyclettes (cylindrée supérieure à 50 cm3) et les cyclomoteurs (cylindrée inférieure ou égale à 50 cm3). Les tranches de distance diffèrent de celles appliquées aux automobiles.
Barème kilométrique 2026 — Motocyclettes (plus de 50 cm3)
| Puissance fiscale | Jusqu’à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| 1 à 2 CV | d x 0,395 | (d x 0,099) + 891 | d x 0,248 |
| 3 à 5 CV | d x 0,468 | (d x 0,082) + 1 158 | d x 0,275 |
| Plus de 5 CV | d x 0,606 | (d x 0,079) + 1 583 | d x 0,343 |
La puissance fiscale des motocyclettes est plafonnée à 5 CV dans le cadre de la déduction des frais réels.
Barème kilométrique 2026 — Cyclomoteurs (50 cm3 et moins)
| Distance annuelle | Jusqu’à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| Toutes puissances | d x 0,315 | (d x 0,079) + 711 | d x 0,198 |
Pour les deux-roues électriques, la même majoration de 20 % s’applique sur le montant final obtenu.
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Comment calculer ses indemnités kilométriques ? Exemples concrets
La méthode de calcul est relativement simple une fois que l’on maîtrise le fonctionnement du barème. Il faut identifier trois éléments : le type de véhicule, sa puissance fiscale et la distance annuelle parcourue à titre professionnel.
Exemple 1 : salarié avec une voiture thermique de 5 CV
Un salarié a parcouru 8 000 km dans l’année pour ses déplacements professionnels avec un véhicule de 5 CV.
La distance se situe dans la tranche 5 001 à 20 000 km. La formule applicable est : (d x 0,357) + 1 395.
Calcul : (8 000 x 0,357) + 1 395 = 2 856 + 1 395 = 4 251 euros
Exemple 2 : salarié avec une voiture électrique de 6 CV
Un professionnel libéral a effectué 12 000 km professionnels avec un véhicule électrique de 6 CV.
Formule de base (tranche 5 001 à 20 000 km) : (d x 0,374) + 1 457.
Calcul de base : (12 000 x 0,374) + 1 457 = 4 488 + 1 457 = 5 945 euros
Avec majoration électrique (+ 20 %) : 5 945 x 1,20 = 7 134 euros
Exemple 3 : motocyclette de 4 CV pour 4 500 km
Un technicien itinérant utilise une moto de 4 CV et a parcouru 4 500 km dans l’année.
La distance se situe dans la tranche 3 001 à 6 000 km pour les motocyclettes, catégorie 3 à 5 CV. La formule est : (d x 0,082) + 1 158.
Calcul : (4 500 x 0,082) + 1 158 = 369 + 1 158 = 1 527 euros
Conseil pratique : le simulateur officiel disponible sur impots.gouv.fr permet de vérifier le montant de vos indemnités en quelques clics. Il est vivement recommandé de l’utiliser avant de remplir votre déclaration.
Qui peut bénéficier du barème kilométrique en 2026 ?
Le barème kilométrique s’adresse à plusieurs catégories de contribuables et de professionnels. Toutefois, les conditions d’éligibilité varient selon la situation de chacun.
- Salariés optant pour les frais réels : ils peuvent déduire leurs frais de déplacement professionnel de leur revenu imposable, en remplacement de la déduction forfaitaire de 10 %. Cette option est déclarée lors de la campagne annuelle de déclaration des revenus.
- Travailleurs indépendants au régime réel (BNC ou BIC) : ils peuvent intégrer ces frais dans leurs charges déductibles via la déclaration 2035 ou 2031.
- Gérants majoritaires (article 62 du CGI) : ils appliquent le barème de la même manière que les salariés.
- Agents de la fonction publique : un barème spécifique existe pour la fonction publique, distinct du barème fiscal général.
En revanche, les micro-entrepreneurs ne peuvent pas déduire leurs frais kilométriques au réel. Le régime micro-fiscal applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires qui est censé couvrir l’ensemble des charges professionnelles.
| Profil | Éligible au barème IK ? | Cadre de déclaration |
|---|---|---|
| Salarié (frais réels) | Oui | Déclaration de revenus (case 1AK) |
| Indépendant BNC réel | Oui | Déclaration 2035 |
| Gérant article 62 CGI | Oui | Déclaration de revenus |
| Micro-entrepreneur | Non | Abattement forfaitaire |
| Agent fonction publique | Oui (barème spécifique) | Ordre de mission |
Quels justificatifs conserver pour sécuriser ses indemnités ?
Le respect du barème ne suffit pas à lui seul. L’administration fiscale et l’URSSAF exigent des justificatifs précis pour valider la déduction ou l’exonération des indemnités kilométriques. Les frais kilométriques figurent parmi les postes les plus contrôlés.
Voici les documents et éléments indispensables à conserver :
- Un carnet de bord ou un relevé détaillé mentionnant pour chaque déplacement : la date, le motif professionnel, le lieu de départ, le lieu d’arrivée et la distance parcourue
- Une copie de la carte grise du véhicule, permettant de justifier la puissance fiscale
- Les éventuels justificatifs de frais annexes (péages, stationnement) si ceux-ci sont déclarés en complément
- En cas de remboursement par l’employeur : les notes de frais signées et validées
La durée minimale de conservation recommandée est de trois ans, correspondant au délai de reprise de l’administration fiscale. En cas de contrôle URSSAF pour un employeur, ce délai peut s’étendre.
Recommandation : privilégiez un outil numérique ou un tableur structuré pour centraliser vos déplacements. La tenue rigoureuse d’un suivi mensuel facilite considérablement les démarches en cas de vérification.
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Quelles erreurs éviter avec les indemnités kilométriques ?
Plusieurs erreurs reviennent fréquemment, aussi bien chez les salariés que chez les employeurs. En voici les principales, accompagnées de conseils pour les prévenir.
Surévaluer les distances parcourues. L’administration fiscale peut vérifier les trajets déclarés à l’aide d’outils cartographiques. Il est essentiel de se baser sur des distances réelles et non sur des estimations approximatives.
Confondre déplacement professionnel et trajet domicile-travail. Le trajet entre le domicile et le lieu de travail habituel est déductible sous certaines conditions (notamment la limite de 40 km, sauf circonstances particulières justifiées). Les déplacements professionnels ponctuels (visites clients, missions) sont traités différemment.
Dépasser le plafond de puissance fiscale. Comme indiqué plus haut, la puissance prise en compte est plafonnée à 7 CV pour les voitures et à 5 CV pour les motocyclettes, quelle que soit la puissance réelle du véhicule.
Cumuler le barème avec des remboursements réels. Il n’est pas possible de déclarer les indemnités forfaitaires du barème tout en déduisant séparément des factures de carburant ou d’entretien. Le barème est un forfait global qui intègre déjà ces dépenses.
Ne pas conserver de justificatifs. L’absence de carnet de bord ou de preuves des déplacements expose à un rejet pur et simple de la déduction en cas de contrôle.
L’essentiel à retenir sur les indemnités kilométriques 2026
Le barème kilométrique 2026 reste identique à celui de 2025, conformément à l’arrêté du 27 mars 2023. Malgré l’absence de revalorisation, il demeure un outil indispensable pour les salariés, les indépendants et les employeurs souhaitant évaluer ou rembourser les frais de déplacement professionnel de manière conforme.
Que vous soyez salarié en train de remplir votre déclaration de revenus ou employeur soucieux de respecter les plafonds d’exonération URSSAF, l’application rigoureuse du barème et la conservation des justificatifs constituent les deux piliers d’une gestion sereine de vos indemnités kilométriques.
Pour une vérification rapide de vos montants, le simulateur officiel de l’administration fiscale sur impots.gouv.fr reste la référence la plus fiable.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne se substituent pas aux textes officiels (arrêté du 27 mars 2023, BOFiP BOI-BAREME-000001, CGI article 83). En cas de doute, consultez un expert-comptable ou un conseiller fiscal.
